Christine Mockett

#LeConseilprésente – Christine Mockett

Jennifer Clark

Crédit photo : Joan Anderson

Christine Mockett: Des détritus qui ont encore beaucoup à dire

Le Conseil des arts d’Ottawa appuie les artistes et organismes artistiques par l’entremise de leadership, de conseils et par la création d’opportunités afin de promouvoir et faire avancer notre potentiel créatif local.

Notre série #LeConseilprésente présente les histoires et les expériences de membres et de récipiendaires de prix du Conseil des arts d’Ottawa.

Christine a reçu le Prix du Fonds de dotation Corel pour les arts en 2015.

Christine Mockett

Crédit photo : Peter Juranka

D’où venez-vous? Êtes-vous originaire d’Ottawa?

Je viens d’Eastbourne, sur la côte Sud de l’Angleterre. J’ai grandi à Campbellford, en Ontario et j’ai vécu quatre ans en Australie avant de m’installer à Ottawa en 2000.

Quand avez-vous commencé à vous impliquer dans la communauté artistique locale?

J’ai commencé à m’impliquer dans la communauté des arts locale en 2006. Je suis devenue membre du National Capital Network of Sculptors et j’ai rencontré un groupe d’artistes formidables. Je me suis fait des amis à vie, j’ai appris de nouvelles techniques, j’ai partagé mes connaissances et j’ai énormément bénéficié d’un milieu si positif. Cela m’a amenée à découvrir d’autres organisations communautaires, et j’ai fini par enseigner et participer à des projets communautaires. J’ai particulièrement aimé prendre part à la première année d’Art Place du Conseil des arts AOE (Arts Ottawa East).

Comment décririez-vous votre art?

Mon travail examine les connexions entre les gens et les lieux, l’appartenance et l’absence. Mes sculptures et mes peintures en bas-relief allient la présence physique d’édifices, des formes humaines et animales abstraites, et des interprétations (bonnes ou mauvaises) de leurs actes. Je travaille avec des matériaux de construction (bois, ciment, acier inoxydable, aluminium, peinture) et avec des textiles, souvent de vieux vêtements. Les vêtements sont des intermédiaires entre les gens et les édifices, une sorte d’architecture portable, drapés autour de matériaux de construction comme nos vies enveloppent les lieux que nous fréquentons. Ma pratique se concentre sur la sculpture et l’art textile, mais je pense qu’on peut dire que j’utilise toutes sortes de techniques et que j’élargis sans cesse mes horizons. Enseigner, co-créer des projets communautaires, préserver l’environnement : voilà trois piliers très importants de ce que je fais, et trois sources de grande joie.

Christine Mockett

Kim Ohno, Operettes et Old Growth

Quel impact a eu votre implication dans la communauté des arts d’Ottawa sur votre vie?

Mon implication dans la communauté des arts d’Ottawa a eu un énorme impact sur ma vie. Le quotidien change sans cesse, et devient ce que j’en fais. Je m’épanouis dans les possibilités inconnues qu’apporte chaque jour. La souplesse, le changement, la diversité font que ma vie et mon travail ne sont jamais ennuyeux. Où d’autres voient une pile de détritus, je vois d’infinies possibilités. Ça me rend très heureuse.

Faire partie de la communauté des arts d’Ottawa, c’est comme faire partie d’une grande famille qui accueille sans cesse de nouveaux membres. J’ai rencontré des personnes tellement créatives grâce à mon propre travail, à l’enseignement, aux collaborations, à l’échange de fournitures et d’idées.

Y a-t-il eu un moment particulièrement important, ou un souvenir qui vous soit particulièrement cher, dans votre parcours d’artiste?

Une de mes sculptures a été refusée par les organisateurs d’une expo étudiante et, quand j’ai demandé pourquoi, on m’a simplement répondu qu’elle n’était pas assez bonne. La semaine suivante, un magazine d’art international américain m’a demandé de publier cette même sculpture pour représenter l’avenir de l’art textile. J’en ris encore. Ça m’a appris une très belle leçon : quoi que je fasse, certains aimeront et d’autres n’aimeront pas mon travail, alors il faut que je reste fidèle à mes propres instincts.

Avez-vous des conseils pour les artistes d’Ottawa ou les artistes en général?

Les conseils, c’est important, mais le plus important, c’est de prendre ses propres décisions en fin de compte. Voici quelques conseils que je me donne souvent à moi-même :

  • Si aujourd’hui est une mauvaise journée et qu’il n’y a rien à y faire, alors transforme aujourd’hui en généreux bienfaiteur de demain. Fais quelque chose pour faire de demain une meilleure journée.

  • Crée sans cesse de nouvelles possibilités. Va à la rencontre du monde, parle aux gens, apprends, grandis, partage.

  • Sois généreuse de ton temps, de tes compétences et de tes matériaux : c’est bon pour l’âme, et rien ne vaut être témoin d’une étincelle qui s’allume dans le regard de quelqu’un.

  • Prête attention aux choses que tu penses détester ou rater. Souvent, ce sont précisément les choses qu’on finit par aimer et dans lesquelles on finit par exceller.

  • J’aime aussi la citation d’Henry Ford qui dit qu’il n’y a pas de gros problème, juste une multitude de petits problèmes. Ça m’aide à décomposer des tâches qui me semblent impossibles en petits actes beaucoup moins intimidants.

Christine Mockett

La série People Place

Sur quels projets travaillez-vous en ce moment?

Je travaille sans arrêt sur de nouveaux projets en co-création communautaire, et j’aime particulièrement travailler avec des gens qui ont de la difficulté à accéder aux programmes d’art traditionnels. Je viens de finir d’enseigner un cours de sculpture de silhouette et d’animaux en tissus intitulé « nest watch » à la Winthrop Court Community House. Le cours était financé par le Conseil des arts de l’Ontario, et je le donnais en collaboration avec une autre artiste, Jenny McMaster. Les étudiants étaient parmi les gens les plus sympathiques que j’aie connus. Travailler avec eux et les voir réussir était incroyablement gratifiant.

En ce qui concerne mes projets personnels, je travaille sur des sculptures grandeur nature de gens et de lieux qui racontent des choses de la vie. Je trouve de nouvelles façons de construire des bas-reliefs en tissus de diverses profondeurs et de les peindre. Je travaille toujours en gardant l’environnement à l’esprit, avec des matériaux recyclés et sur le thème de la durabilité.

Quel effet cela vous a-t-il fait de recevoir un prix du Conseil des arts d’Ottawa?

Recevoir un prix du Conseil des arts d’Ottawa était très important pour moi. Le Corel Endowment Fund for the Arts m’a aidée à financer mon projet « Walkway ». C’est une installation au Centre de santé communautaire Sommerset Ouest avec des sculptures en tissus montées sur une poutre de 12 pieds. J’ai pu travailler avec des architectes, des directeurs de travaux, un centre de santé communautaire, des coordinateurs de programmes et des étudiants vraiment formidables. Travailler avec autant de gens différents était très stimulant, et ça m’a beaucoup appris pour la gestion de mes futurs projets.

Le prix était important au point de vue de l’appui financier, mais c’était aussi un signe d’encouragement de la communauté. Pour moi, ce type de distinctions est important pour la vigueur de la communauté des arts et pour valoriser le travail des artistes et les encourager.

Vous voulez en savoir plus sur l’artiste et son travail? Visitez www.christinemockett.ca.

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Le processus de mise en candidature pour les prix du Conseil des arts d’Ottawa sont clos pour 2018. Les lauréats seront annoncés à la Remise de prix, le 29 mai 2018.

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