Ottawa vote 2018

Le débat des candidats à la mairie d’Ottawa

Peter Honeywell

Le point sur le plaidoyer

Un débat des candidats à la mairie d’Ottawa a eu lieu le 1er octobre 2018 au Centre Shaw. L’événement, intitulé Talk Tourism, était parrainé par la Chambre de commerce d’Ottawa, Tourisme Ottawa et l’Association des hôtels d’Ottawa-Gatineau. Les sujets à traiter étaient variés, et ont généreusement inclus des questions spécifiques sur la culture qui sondaient les opinions des candidats et ce qu’ils envisageaient de faire pour servir de soutien à la communauté culturelle d’Ottawa.

Huit candidats ont participé au débat et nous étions déçus d’apprendre que le candidat Clive Doucet avait décliné l’invitation. Les candidats étaient assis dans un ordre tiré au sort et ont chacun à leur tour présenté leur position. Parmi les modérateurs nous avons compté : Ian Faris, de la Chambre de commerce d’Ottawa, Michael Crockatt, de Tourisme Ottawa, et Steve Ball, de l’Association des hôtels d’Ottawa-Gatineau.

Les remarques liminaires des candidats ont donné le ton à la soirée et la plupart ont réitéré leur message principal tout au long du débat.

Hamid Alakozai veut pousser les nouvelles entreprises à s’établir à Ottawa. Il estime que la Ville devrait motiver les entreprises et offrir plus de sous-traitance. La Ville doit faire pression à d’autres niveaux du gouvernement pour un plus grand soutien de la culture. Il pense que les arts rendent les gens heureux et aimerait encourager les écoles de musique, les festivals et les célébrations internationales.

Le titulaire Jim Watson est venu au débat armé de statistiques et de succès, notamment : plus de 40 000 emplois actuels dans le secteur du tourisme, la planification de 2014 à 2017 dont le résultat était un investissement de 40 M$ dans les activités d’Ottawa 2017, qui ont attiré 11 millions de visiteurs et rapporté 225 M$ à l’économie locale. Il reconnaît la nécessité de commercialiser Ottawa aux niveaux national et international, ce qui attirerait plus de visiteurs. Le TLR facilitera les déplacements futurs et reliera tous les quartiers de la ville. Il s’est engagé à continuer de financer des programmes tels que le Fonds Momentum de la ville, qui a reçu 300 000 $ en 2018, et il continuera de donner de petites augmentations annuelles aux groupes culturels.

Moises Schachtler dont les idées étaient parmi les plus radicales de la soirée a dit qu’il réduirait la pollution lumineuse, rendrait illégaux le sans-abrisme et la mendicité, supprimerait le stationnement dans la rue, offrirait des transports en commun gratuits et changerait le vote électoral en un système à choix hiérarchisé. Il supprimerait toutes les réglementations concernant les Airbnb, ainsi que les limites de hauteur applicables à toutes les constructions et permettrait aux entreprises du Marché By d’opérer jusqu’à 4 h du matin les jours de semaine et 24 heures sur 24 les fins de semaine. Il veut également augmenter la population d’Ottawa pour qu’elle soit à l’échelle de Montréal ou Toronto.

Michael Pastien s’est décrit lui-même comme étant un ancien acteur de cinéma et de théâtre. Sa contribution serait de rendre la mendicité sur les trottoirs illégaux et de déplacer les foyers pour sans-abri vers des espaces nouvellement construits près de l’autoroute 417 dans le secteur est, près de l’entrepôt prévu pour Amazon. Il fermerait les sites d’injection supervisée et augmenterait les taxes sur les Airbnb à 6 %, dont 2 % seraient donnés au logement. Il ajouterait un monorail et davantage d’art publics, tel que la sculpture d’Oscar Peterson au CNA, et engagerait des acteurs costumés pour faire revivre l’époque des pionniers. Il soutiendrait un plan de 100 ans pour la ville. Il a encouragé le public à visiter sa page Facebook (ce qui a révélé son mécontentement face au gaspillage lié à la construction d’une galerie d’art d’Ottawa, car nous avons un musée des beaux arts à quelques rues de là).

Ahmed Bouragba est un défenseur de la justice sociale et estime que la ville peut réduire les impôts et améliorer les services. Il pense que les investissements dans le tourisme et le sport apporteraient des bénéfices sociaux et économiques. Les dépenses d’infrastructure devraient répondre aux priorités de justice sociale et devraient également être investies dans les hôtels. Il pense que le conseil municipal est dirigé par des entrepreneurs et que cette situation doit changer.

Joey Drouin a présenté une vision de notre région qui a déjà fait l’objet de plusieurs discussions passées ; une intégration d’Ottawa/Gatineau qui combine le transport et les atouts naturels et bâtis. Il pense qu’une seule ville ouvrirait des opportunités et nous permettrait de concentrer nos systèmes de destinations touristiques et nos activités de rayonnement sur la promotion d’une vision de qui nous sommes plus unifiées. Certains des avantages seraient des laissez-passer de transport intégrés pour les groupes et les services touristiques, qui permettraient un accès plus sécuritaire et plus équitable pour tout le monde.

Bruce McConville est un travailleur indépendant et dirige une entreprise locale. Il milite pour une croissance partagée à long terme et compte sur la Ville pour accélérer le modèle du « logement d’abord ». Il croit qu’il est possible de renforcer la réputation internationale d’Ottawa. Il pense que la promotion de la culture et des arts locaux donnerait aux visiteurs qui ne restent qu’un ou deux jours, l’occasion de prolonger leurs séjours. Il aimerait voir des investissements dans les festivals et les événements de quartier, et a cité la dynamique communauté francophone de Vanier en tant qu’exemple d’une partie de la ville digne d’être reconnue.

Bernard Couchman n’était pas prévu au programme en tant que participant, mais il est venu rappeler aux organisateurs que le débat avait lieu sur le territoire algonquin non cédé et que les initiatives touristiques devaient inclure la participation de nos peuples autochtones.