#LeConseilprésente : Catherine Ballachey

Jenna Brown

Le Conseil des arts d’Ottawa promeut et développe les arts à Ottawa et fait valoir leur priorité. Notre vision est celle d’une ville enrichie par les effets bénéfiques transformateurs des arts.

Notre série #LeConseilprésente présente les histoires et les expériences des membres du Conseil et des lauréats des prix du Conseil des arts d’Ottawa.

Catherine Ballachey est lauréate du Prix du Fonds de dotation Corel pour les Arts en 2018.

D'où venez-vous?

C’est une question un peu difficile. Je dirai Vancouver, en passant par Brantford, Montréal, Burlington et Calgary. Ma famille a beaucoup déménagé!

Comment vous êtes-vous impliquée dans la communauté artistique d’Ottawa?

En 2013, j’ai déménagé de Vancouver à Ottawa pour poursuivre une maîtrise ès arts en théâtre et en dramaturgie à l’Université d’Ottawa. Après mon premier semestre, j’ai décroché un poste à temps partiel à la billetterie de la Great Canadian Theatre Company (GCTC). La même année, j’ai dirigé un spectacle au Festival Fringe d’Ottawa et commencé à rencontrer des gens de la communauté. À partir de là, j’ai travaillé avec le théâtre Odyssey, the Acting Company, le Festival Fresh Meat et subDevision. On peut dire que j’ai bien appris à connaitre la communauté cette année-là!

Comment décririez-vous votre travail d’artiste ou votre discipline?

À facettes multiples, comme de nombreux artistes ont tendance à l’être de nos jours. Je travaille maintenant à temps plein à la GCTC dans un rôle qui se concentre davantage sur l’administration des arts et la sensibilisation du public. Dans mon poste, je suis à la fois administratrice, productrice et dramaturge. La dramaturgie consiste à avoir une vue d’ensemble de l’œuvre artistique et à aussi être un accompagnateur, à donner des conseils ou à faire de la recherche pour les artistes qui sont dans la pièce. D’après moi, ces deux postes sont intrinsèquement liés et tout aussi enrichissants l’un que l’autre.

Quel a été l’impact de votre rôle actif dans les arts et la communauté artistique d’Ottawa sur votre vie?

Je dirais que mon rôle actif dans la communauté artistique d’Ottawa m’a permis de cerner exactement ce que je voulais réaliser au cours de ma carrière. J’ai trouvé une communauté d’artistes partageant les mêmes idées, et ma place au sein de celle-ci. J’ai pu mettre à profit mes compétences administratives et dramaturgiques, et apporter mes propres contributions à cette communauté. Vue de l’extérieur, Ottawa peut sembler être une ville gouvernementale endormie, mais pour moi, elle s’est avérée être tout le contraire. J’y ai rencontré de nombreux créateurs jeunes et enthousiastes avec lesquels j’ai travaillé, et qui m’inspirent à poursuivre mon cheminement artistique!

Est-ce qu’il y a un moment ou une situation spécifique dans votre carrière artistique dont vous gardez un merveilleux souvenir?

J’ai eu l’un de ces moments dans de nombreux événements que j’ai produits, où je pouvais prendre du recul, respirer et vraiment apprécier ce qui se passait autour de moi. Plus récemment, j’ai organisé une séance de lecture ouverte au public pour The Emerging Creators Unit de the Acting Company. Nous travaillions ensemble depuis quelques mois, mais à la fin de notre collaboration nous avons invité un auditoire à venir écouter des extraits de chacun des projets en question. Ensuite, nous avons incité le public à rester et discuter un peu avec nous. J’ai eu un moment où je me suis arrêtée et j’ai pris conscience de l’engouement débordant qu’il y avait autour de moi. J’entendais des gens parler avec enthousiasme de nouveaux projets en cours dans la communauté, et cela m’a rendue fière d’en faire partie. Je n’ai pas eu besoin de faire grand-chose. Il y a une soif de création et de connexion dans cette ville, et j’ai simplement fourni l’espace nécessaire pour que cela puisse se faire. J’espère pouvoir continuer sur cette lancée à l'avenir!

Avez-vous des conseils à donner aux artistes de la communauté d’Ottawa ou aux artistes en général?

Continuez à continuer de faire ce que vous faites. Cela dit, continuez à faire votre travail. Suivez votre passion et votre curiosité. Il est possible que vous ayez des échecs, mais vous n’apprendrez jamais sans cela. Ça risque de vous effrayer, mais c’est une bonne chose! Quand je travaille avec de jeunes dramaturges, ils me demandent fréquemment : « Est-ce que c’est bon? Est-ce que c’est clair? Est-ce que ça a du sens? » Je leur dis sans arrêt : « Ne vous inquiétez pas encore de ça! Ça ne va faire que vous ralentir! ». A mon avis, le problème est là. Nous nous jugeons avant même que les autres aient une chance de le faire! Je dirais, mettez tout cela de côté et rappelez-vous du « pourquoi ». Pourquoi ce travail? Pourquoi maintenant? Faite en sorte que cela soit votre moteur et laissez-vous conduire.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment?

Je suis très occupée par mon travail à la GCTC! D’autre part, nous préparons la 4ème édition de SubDevision, généreusement parrainée par le Conseil des arts d’Ottawa, en automne. subDevision est un festival de théâtre qui regroupe 10 à 12 compagnies de théâtre indépendantes, dans un lieu spécifique. Cette fois-ci, nous allons au-delà des frontières linguistiques en produisant un événement bilingue! Soyez aux aguets pour octobre 2019. Ce sera très intéressant!

Comment était-ce de recevoir un Prix du Conseil des arts d'Ottawa? Comment cela affecte-t-il votre carrière?

J'ai eu l'honneur de recevoir le Prix du Fonds de dotation Corel pour les Arts l’année dernière. C’était très encourageant personnellement et artistiquement. Parfois, on a l’impression de faire notre travail en vase clos, c’est donc rafraîchissant d’entendre que d’autres personnes s’y intéressent également! Le Prix va servir à soutenir SubDevision, un événement qui me tient à cœur. C’est l’occasion idéale pour les artistes de se réunir, de s’entraider, d’essayer de nouvelles choses et de grandir. Je remercie à nouveau le Conseil des arts d’Ottawa!