Self-Portrait, Long Exposure on Polaroid  01

#LeConseilprésente : Gary Franks

Jenna Brown

Le Conseil des arts d’Ottawa promeut et développe les arts à Ottawa et fait valoir leur priorité. Notre vision est celle d’une ville enrichie par les effets bénéfiques transformateurs des arts.

Notre série #LeConseilprésente présente les histoires et les expériences des membres du Conseil et des lauréats des prix du Conseil des arts d’Ottawa.

Gary a reçu le Projet X, Fonds pour la photographie en 2019.

D’où venez-vous?

Je suis né à St. John’s, à Terre-Neuve, mais j’ai grandi ici, à Ottawa, en Ontario, et j’y ai passé la majeure partie de ma vie.

Quand avez-vous commencé à vous impliquer dans la communauté artistique locale?

Je suis entré dans la communauté en tant que musicien, car je jouais dans des groupes de rock indépendant et de garage rock. Au fil des ans, j’ai donné des concerts, j’ai enregistré aussi et j’ai produit pas mal de musique, mais j’ai toujours été attiré par les arts visuels. C’est presque par nécessité que je me suis lancé dans le graphisme pour promouvoir notre musique et nos produits associés. De là, je suis passé à la création d’impressions analogiques et numériques, puis à la photographie. Heureusement, j’ai sauté d’un art à l’autre relativement facilement et avec beaucoup d’enthousiasme. À chaque fois, j’ai constaté que j’avais acquis des compétences polyvalentes que je pouvais appliquer d’une discipline à l’autre. Toutefois, l’avantage principal de ce parcours, c’est que j’ai baigné dans différentes communautés artistiques à Ottawa et que j’ai pu voir à quel point elles étaient étroitement liées. La ville est remplie de musiciens et d’artistes talentueux et multidisciplinaires, peut-être également par nécessité de leur côté. Beaucoup d’entre eux m’ont accueilli chaleureusement quand je passais d’un art à un autre.

Celia, Long Exposure on Polaroid  01Comment décririez-vous votre art?

J’ai exploré différentes disciplines artistiques, mais je crois que l’une des constantes concrètes est que je travaille principalement sur des supports analogiques. J’adore les « heureux accidents », quand on laisse l’instant et les machines avoir un poids égal dans le processus de création artistique. Et ces « accidents » arrivent souvent lorsque vous utilisez des équipements et des supports sensibles aux facteurs environnementaux ou qui ont des dizaines d’années. Parmi mes clichés récents, ceux que je préfère sont des images nées d’une mauvaise manipulation du film. Le bord du boîtier a rayé la pellicule pendant que j’essayais de la dérouler dans un sac noir.  Du coup, les photos avaient toutes de grandes balafres, mais l’effet était incroyable, bien plus percutant que ce que j’aurais pu créer autrement. J’ai nettoyé un peu tout ça, j’ai élargi le cadrage en 35 mm pour inclure davantage de cicatrices fantômes, et j’ai laissé l’art parler! Dans l’idéal, il faut toujours conceptualiser un projet et l’aborder avec un plan, mais j’estime qu’il est tout aussi important d’accepter les petits écarts et les imperfections, car j’ai souvent l’impression que ce sont ces éléments qui rendent l’œuvre unique.

Quel impact a eu votre implication dans la communauté des arts d’Ottawa sur votre vie?

Je pense que, comme beaucoup d’artistes, je ressens ce besoin irrésistible de créer et de m’exprimer. Ottawa est une ville qui peut être très réceptive à ce besoin et, une fois que vous savez où les trouver, il existe de nombreuses ressources pour vous aider à concrétiser vos projets. J’ai eu la chance de rencontrer de nombreux artistes prêts à transmettre leurs connaissances et à partager leurs outils avec moi. Ils sont même allés plus loin, en me poussant avec des paroles encourageantes et en m’offrant des récits de débuts difficiles. Sans ce soutien, mes projets artistiques n’auraient pas pris l’essor qu’ils connaissent aujourd’hui.

Cory, Long Exposure on Polaroid  01Y a-t-il eu un moment particulièrement important, ou un souvenir qui vous soit particulièrement cher, dans votre parcours d’artiste?

Ça a été très difficile pour moi de m’éloigner à dessein de la musique pour me concentrer sérieusement sur les arts visuels. La première fois qu’une de mes œuvres a été exposée, mes amis, dont la majeure partie était des musiciens, sont tous venus me soutenir et voir mon travail. J’ai été le dernier à partir de la galerie et quand je suis sorti, mes amis m’ont accueilli avec des applaudissements et des encouragements. C’est super d’être exposé ou publié, mais c’est une sensation différente par rapport à quand je jouais sur scène devant un public. Le soutien de mes amis compte beaucoup pour moi et c’est à moment-là que j’ai senti que j’allais dans la bonne direction et que j’avais pris la bonne décision.

Avez-vous des conseils pour les artistes d’Ottawa ou les artistes en général?

Redonnez à la communauté, encouragez toutes les personnes que vous rencontrez à créer, partagez vos connaissances et vos ressources, et prenez conscience que ce n’est pas une compétition. Aucun d’entre nous ne va s’enrichir avec l’art, et vos projets ne pourront prendre de l’ampleur que si la communauté autour de vous est forte, dynamique et inclusive. J’ai moi-même dû apprendre à transformer la jalousie artistique et l’envie en inspiration et en gratitude. Une fois que j’ai compris comment voir les choses, tout est devenu beaucoup, beaucoup plus simple.

Meredith, Long Exposure on Polaroid 02Sur quels projets travaillez-vous en ce moment?

Je termine actuellement un projet intitulé Paralanguage qui sera exposé au Conseil des arts d’Ottawa à l’automne. Il s’agit d’une série de portraits en Polaroïd à exposition longue de certains de mes amis et collègues créateurs de la ville. L’objectif est de saisir la nature transitoire des communautés artistiques d’Ottawa, qui évoluent sans cesse au fil des années et à mesure que les artistes passent d’un art à un autre. La combinaison de l’utilisation du film Polaroïd, de la lumière ambiante comme unique source d’éclairage et la durée d’exposition prolongée produit une photo avec des lignes de mouvement marquées, comme avec une exposition longue conventionnelle, mais avec les moments figés d’une exposition multiple. Mes modèles et moi sommes dans un processus très collaboratif, on improvise en fonction de l’ambiance et l’environnement autour de nous. Je suis très fier de ce travail et j’éprouve beaucoup de reconnaissance envers toutes les personnes qui y ont participé.

Self-Portrait, Long Exposure on Polaroid  02Quel effet cela vous a-t-il fait de recevoir un prix du Conseil des arts d’Ottawa? Pensez-vous que cela influencera votre carrière?

Honnêtement, j’étais complètement dépassé, car je n’avais pas réalisé l’ampleur de la cérémonie. C’était vraiment excitant de voir mon travail projeté à une telle échelle devant une salle comble, et c’est un grand honneur de me voir confier des fonds pour créer quelque chose d’intéressant. L’exposition Paralanguage de cet automne sera ma première exposition en solo, c’est donc une grande étape dans ma carrière. C’est une opportunité incroyable et je trouve cela très encourageant. Mon objectif est de continuer à conceptualiser, à créer et à montrer mon travail

 

 

Exposition à venir

Paralanguage

Vernissage

12 septembre 2019, 18 h à 20 h

Salle Micaela Fitch
Cours des arts
2, avenue Daly

Paralanguage est une série de portraits de créateurs chevronnés et émergents d’Ottawa qui célèbre la vivacité de la communauté artistique locale. À la fois projet artistique et acte de renforcement Communautaire, Paralanguage réhausse le profil des œuvres locales en mettant à l’honneur les artistes qui les créent.

Les portraits ont été réalisés en partenariat avec leurs sujets, de la conceptualisation à l’exécution des mouvements et des poses. Pendant l’exposition de 12 à 25 secondes, Gary Frank dirigeait les changements de pose à intervalles réguliers, pour permettre une exposition suffisante en basse lumière du film Polaroid et produire l’effet de superposition et de fluidité.