Von Allan

#LeConseilprésente — Von Allan

Jennifer Clark

Von Allan : Conter par l'image

Le Conseil des arts d’Ottawa appuie les artistes et organismes artistiques par l’entremise de leadership, de conseils et par la création d’opportunités afin de promouvoir et faire avancer notre potentiel créatif local.

Notre série #LeConseilprésente présente les histoires et les expériences de membres et de récipiendaires de prix du Conseil des arts d’Ottawa.

Von Allan a reçu Le Prix du Fonds de dotation Corel pour les arts en 2014.

Wizards for Hire- Cheap de Von Allan

D’où venez-vous? Êtes-vous originaire d’Ottawa?

Je suis né à Arnprior, mais je n’en ai pas beaucoup de souvenirs. Mes parents se sont séparés quand j’étais très jeune, et j’ai déménagé à Ottawa avec ma mère.

Quand avez-vous commencé à vous impliquer dans la communauté artistique locale?

Mes premiers liens avec la communauté des arts se sont faits par le travail, d’abord pour la Bilbiothèque publique d’Ottawa, et ensuite à Perfect Books, où j’ai rencontré des auteurs. J’ai toujours eu un côté créatif, mais je n’avais pas suffisamment confiance pour me lancer, et puis, je ne savais pas par où commencer. J’ai lu le livre Drawing with the Right Side of the Brain et commencé à dessiner, et j’ai pris des cours à l’École d’art d’Ottawa.

La bande dessinée a son petit monde à Ottawa, mais sa grande sœur, l’animation, lui fait beaucoup d’ombre. L’animation est très populaire à Ottawa, et le festival d’animation qui a lieu en septembre attire beaucoup d’attention. Beaucoup de gens font les deux, la bande dessinée et l’animation, et il y a des liens très intéressants entre ces deux techniques.

Comment décririez-vous votre art?

Je crée des bandes dessinées; certaines sont des séries, d’autres sont des romans graphiques de style manga. Mon travail est très visuel, mais la bande dessinée est aussi un art littéraire. Il faut bien choisir ses mots, car l’espace est restreint, et le défi est de combiner les images et les mots pour captiver le lecteur. Les bandes dessinées en séries, les « comics », racontent une histoire en plusieurs épisodes, comme les émissions télévisées. Je trouve cette continuité, cette façon d’utiliser la bande dessinée pour raconter une histoire, absolument fascinante.

Le monde des bandes dessinées en séries est dominé par les super héros, mais c’est un moyen d’expression qui se prête à toutes sortes de récits. Les romans graphiques me permettent de raconter des histoires plus longues, d’avoir plus de souplesse quant au format, à la longueur et à l’aspect visuel. Beaucoup de gens pensent que les bandes dessinées s’adressent aux enfants ou aux personnes qui ne sont pas assez intelligentes pour lire de « vrais » romans, mais c’est un processus de création tout aussi laborieux : il faut trouver les couleurs, les ombres, veiller à la cohérence du récit et tenir compte des contraintes techniques sans sacrifier la créativité.

Von Allan's The Road to God Knows

Y a-t-il eu un moment particulièrement important, ou un souvenir qui vous soit particulièrement cher, dans votre parcours d’artiste?

Il n’y a pas eu de moment précis, mais maintenant que j’ai pris confiance, je peux feuilleter mes vieux carnets d’ébauches, regarder mes premiers travaux et voir que j’ai beaucoup évolué depuis. Je vois des progrès dans mes lignes de fuite et mes silhouettes. J’ai progressé en tant que conteur et dessinateur. Le processus créatif est excitant, difficile, angoissant, un peu comme reconstituer un casse-tête très complexe.

Pendant longtemps, c’était un peu comme un saut dans le vide. Pendant des jours et des mois, je me sentais naïf, j’avais l’impression que ça n’irait jamais nulle part. Maintenant, je ne dirais pas que je suis arrivé au but, mais je m’améliore. Je n’ai plus aussi peur qu’avant, je me sens plus fort, et j’ai appris à résoudre les problèmes quand ils surviennent.

Avez-vous des conseils pour les artistes d’Ottawa ou les artistes en général?

Mon conseil, c’est de participer à autant de salons et événements littéraires que possible. Établissez un contact avec des libraires indépendants. Ottawa has a beaucoup d’espaces réservés à l’art, beaucoup de galeries qui peuvent nous mettre le pied dans la porte. Il y a aussi l’École d’art d’Ottawa, beaucoup de spectacles et de festivals indépendants. Apprenez à raconter une histoire, comment construire un récit.

L’internet est aussi un bon moyen de se faire connaître. Avant, il n’y avait pas beaucoup de maisons d’édition indépendantes, il fallait envoyer son travail à Marvel et DC. Mais maintenant, il y a tellement de bandes dessinées sur le net, c’est beaucoup plus facile de se faire un public. La concurrence est rude, il faut réussir à se démarquer, mais c’est une période intéressante pour la bande dessinée et l’art en général. On peut travailler de n’importe où, avec une simple connexion internet, et les logiciels s’améliorent constamment.

En fin de compte, il faut y croire : en soi, en son travail. Il faut trouver son public. Et n’oubliez pas que les critiques et analystes n’ont pas toujours raison, il faut faire le tri entre ce qui est constructif et ce qui ne mène qu’à la paralysie. On ne peut pas plaire à tout le monde.

Wolf's Head de Von Allan

Sur quels projets travaillez-vous en ce moment?

Je travaille sur une bande dessinée, Wolf’s Head, qui aborde le sujet de l’économie. La première édition est déjà parue, et c’est très excitant pour moi! C’est l’histoire de Lauren Greene, une jeune femme qui quitte son emploi de policière à Détroit et qui a des difficultés à reconstruire sa vie et retrouver une place dans la société. Sa mère fait une découverte extraordinaire dans un laboratoire de recherche, et Lauren doit se battre pour les protéger contre des forces déterminées à les arrêter.

J’ai aussi participé au documentaire, I am Still Your Child, qui parle de la santé mentale et de la façon dont elle affecte parents et enfants. Ma mère avait des problèmes de santé mentale. Elle souffrait de schizophrénie, elle prenait beaucoup de médicaments et a été hospitalisée plusieurs fois. Elle a été très courageuse et luttait contre quelque chose qui n’était pas de sa faute. Je vais aller à la Glashan Public pour un symposium sur la santé mentale, en tant que conférencier. Ce genre de choses n’existait pas quand j’étais enfant, et c’est un bon début, mais il faut des soutiens financiers beaucoup plus importants pour les personnes atteintes de troubles mentaux. La sensibilisation, c’est bien, mais les conséquences financières de la maladie mentale sont parfois catastrophiques.

Quel effet cela vous a-t-il fait de recevoir un prix du Conseil des arts d’Ottawa?

J’ai reçu le prix Corel qui a appuyé mon projet, Metal Gods. C’est un périodique en couleurs plein d’action et d’aventures, qui parle aussi d’économie. Le personnage principal tente de sauver ses parents, et le monde.

C’était formidable d’être nommé lauréat du prix Corel, et ça a été une expérience incroyable. Ça m’a vraiment donné confiance en moi, c’était un moment d’affirmation personnelle. Et c’est une très bonne chose à ajouter à son C.V. C’est une marque de reconnaissance publique qui m’a ouvert des portes, c’est certain.

Vous voulez en savoir plus sur l’artiste et son travail? Visitez www.vonallan.com.

Le documentaire I am Still Your Child sera diffusé sur les ondes de la CBC le 31 mars. L’émission sera aussi disponible en ligne.

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Le processus de mise en candidature pour le Prix du Fonds de dotation Corel pour les arts est ouvert aux candidatures jusqu’au 6 avril 2018.

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