Artist checking for a site visit

Studio Space Ottawa

Nancy Baele

Kathy Bergquist se rappelle une promenade au mois de mars pendant laquelle l’idée innocente de Studio Space Ottawa (SSO) lui est venue à l’esprit. Elle a vu un panneau « À louer » sur un immeuble en blocs de béton couvert de crêpit rouge, une ancienne usine de textile de Sears. Ça faisait des années qu’elle cherchait un studio abordable et adapté à son travail : elle est artiste spécialisée dans la sculpture métallique et doit faire des soudures et de la découpe au plasma. Elle a donc téléphoné à l’agent pour se renseigner sur la location de 200 pieds carrés (18.5 mètres carrés). Elle a appris que l’espace était disponible, mais qu’il s’agissait plutôt de 50 000 pieds carrés (4 645 mètres carrés). Consciente de la pénurie de studios à louer pour les artistes à Ottawa, elle s’est mise à imaginer un grand collectif d’artistes de tout âge, à tous les stades de leur carrière, travaillant avec toutes sortes de matériaux, ensemble dans ce grand espace.

Elle a présenté l’idée à Donna Parent, gestionnaire immobilière, qui l’a mise en contact avec Ada Brzeski, une artiste spécialisée dans l’argile qui s’était elle aussi renseignée sur la location d’un studio dans le même immeuble. Mme Bergquist a communiqué avec Anna Frlan, qui a mis sur pied un comité directeur composé de six personnes, y compris les artistes Susan Roston, Christos Pantieras et Carl Stewart, qui ont à leur tour propagé l’idée parmi les autres artistes d’Ottawa spécialisés dans l’argile, le son, la photographie, la peinture, les médias numériques, la gravure et les installations. Au printemps, Mmes Bergquist et Frlan ont fait visiter aux artistes intéressés l’immense espace rempli d’autos tamponneuses, de machines à sous, et de poupées de chiffon abandonnées, laissées là par le locataire précédent, une entreprise de fêtes foraines.

Elles ont enfin décidé d’établir un organisme artistique sans but lucratif pour n’avoir qu’un seul titulaire de bail pour l’immeuble et le diviser en plusieurs studios individuels. C’est Anna Frlan qui a inventé la devise : « espaces de travail pour artistes créateurs ». Mme Bergquist a souligné que Mme Frlan a énormément contribué à la réussite du projet : « Grâce à sa grande connaissance de l’administration des organismes artistiques, elle a su faire les démarches nécessaires pour tout mettre en place. Sans son expertise, on se noierait encore dans toute la paperasse bureaucratique ». Christos Pantieras a lancé une campagne de collecte de fonds pour les studios sur le site gofundme.com, le tout avec des photos et un beau texte. L’objectif est de réunir 15 000 $ pour couvrir les coûts de l’infrastructure et du démarrage.

L’organisme artistique sans but lucratif SSO est responsable de la gestion des locations individuelles, de la consultation des artistes pour connaître leurs besoins, de l’élaboration des plans des studios et de l’établissement du coût de location qui comprendra non seulement l’espace loué, mais aussi les contributions à un fonds de réserve et les coûts associés aux espaces communs comme les toilettes, une salle d’eau partagée avec éviers industriels et les larges couloirs. Le tarif convenu est de de 14 $ par pied carré par an ou 1,67 $ par pied carré par mois, TVH en sus. La taille des studios va de 130 pieds carrés (12 mètres carrés) à plus de 700 pieds carrés (65 mètres carrés). Certains studios ont une ou plusieurs fenêtres, tandis que d’autres sont équipés de luminaires simulant la lumière du jour. L’objectif est d’offrir aux artistes un milieu stable, abordable, ouvert, sécuritaire et sain. Il est possible que d’autres organismes artistiques, attirés par la présence de SSO, louent certains des grands espaces ouverts allant de 4 500 à 6 000 pieds carrés (418 à 557 mètres carrés).

Grâce à l’enthousiasme et à la vision du comité directeur, les studios ont fait fureur dans toute la communauté artistique d’Ottawa. À la mi-août, les artistes intéressés ont eu la chance de verser un dépôt pour la location de l’un des 20 studios prêts à louer au deuxième étage. On faisait la queue pour signer le bail ou voir le plan des futurs studios du rez-de-chaussée, sans autos tamponneuses ni grandes enseignes de fête foraine, et avec de vraies fenêtres à la place des briques de verre.

Mme Bergquist fait les louanges de Donna Parent et Sarah McClurg, les gestionnaires d’immobilier chez Stonewater Properties, qui ont collaboré à la conception et à la rénovation de l’immeuble. Les 40 places de stationnement, un accès facile par les transports en commun, et de grandes portes d’entrée pour le déplacement et le chargement de sculptures surdimensionnées sont des atouts très prisés. Même s’il n’y a pas de salle de réunion commune, une communauté se formera de façon naturelle, vu le grand nombre de personnes créatives réunies sous un même toit. Comme le remarquait un locataire potentiel : « Quelle chance d’avoir la brasserie Overflow et un camion-restaurant comme voisins! »

« Nous voulons surtout encourager l’indépendance des artistes, a souligné Mme Bergquist. Nous ne fournissons qu’un espace de travail, rien de plus. »

La création de Studio Space Ottawa a demandé de l’imagination et un certain courage. En septembre, quand les premiers locataires s’installeront dans les studios au 2477, avenue Kaladar, la communauté artistique culturelle à Ottawa aura de quoi se réjouir.

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